| Des maladies et des malheurs en Lorraine |
| 1315 | Un tremblement de terre fait périr, dit-on, le tiers des habitants de la Lorraine. |
| 1438 | Un tremblement de terre décrit de tel " fut ung merveilleux croillement de terre en Metz, le jour de Saint-Luc et en plusieurs paiis, principalement à Baile... tellemnt que plusieurs forteresses et édifices tomboient por terre, que fuit une chouse moult espouventable" [11]. |
| 1623 | "Ce fut aussy mesme en ce temps qua Lesey (Lessy) mourust tant de gens par la maladie de la peste et contagion, qu'il en mourust neuf vingt tant fille que guerson (...) Troys moys et davantaige la maladie dura en ce villaige qui moult esclercia, vieux jeunes ausy petits fut il de tout sexe, la mort prenoit sur tout son dart ausy flèche" [15]. |
| 1631 | Louis XIII décide se s'emparer de la Lorraine jusqu'alors indépendante. Le duc Charles IV de Lorraine, allié à l'empereur Charles Quint, résiste. Les Suèdois s'allient au roi, et le Polonais, Croates, Turcs sont alliés de l'empereur. Les malheurs de la Lorraine commencent et durent près de 30 ans. Toute la Lorrainne est mis à feu et à sang : il n'est pas un village qui ne soit pillé et brûlé. La plupart des fortifications et châteaux abattus. Les Suèdois et les Croates sont les plus barbares. De plus, pour affaiblir le duc de Lorraine, Loui XIII accable la Lorraine d'impôts et de taxes. [15]. |
| 1633 | Le 29 Septembre, "toutes maisons dalentour de la ville estoient toute abattue et misse toute en deuille (...) Champigneul, Condé, Marcheville, Clevant, Bouchieres-aux-dames et Mergenville, a toute allentour, tant près que long, furent mis à la ruyne par François et Gascons (...) le Roy pour recouvrir les dhommaiges deux millions d'or se dissoit-on : pour l'assurer, on ne scay don" (prise de Nancy par Louis XIII) [15]. |
| 1634 | Par ordre du roi : "Les chasteaux de Lorraine, sur le côté de Bar, et du Pont à Mousson, en tirant vers Frowar (Frouard). Hainst, Perny et Frowar et plusieurs autres lieux furent accablé par terre, questoient des lieux doulteux" [15]. |
| 1635 |
Le château et les murailles de Boulay, Le château de Laquenexi,
les châteaux de Bonnom et
Trognon dans la Woëvre sont détruits par les français.
Le château et le bourg de Briey sont démantellés par Condé : "Lors Briey demeura comme un pauvre villaige : cestoit un beau lieu, enfin cestoit dhommaiges" [15]. "Au reste tout les hommes, femmes, filles, enfants qu'ils rencontroient, il les mettoient à martir, les ung couppoient la langue, les bras, les genitoires, aux autres ils les pendoient à la fumier, autres qu'ils leur faisoient boire du clin de vache trois ou quatre seaulx, puis ils sautoient sur le ventre des pauvres patients pour les crever. Jamais Attyla ny fut plus cruelle que ces tirans Cravace (Croates)" [15]. Le roi et le duc exigent chacun que des troupes soient levées parmi la population. Les pauvres gens ayant tout perdu "toute la malheur estoit sur les pauvres laboureurs et vignerons, que toutes ses pilleries ont esté la cause de moult bon laboureur et de bonnes femmes qui ont perdu leur biens et mourir de deffaulx. Je prie Dieu que nous donne patience de toutes ses adversités" [15]. "Malheur dessus malheur, pillaiges dessus pillerie, sabordoit sans cesse; bref, on nouist autres chosses parler que de tuerie, brulle, violle" [15]. "En ce temps devers la Saint Luc, telle estoit sy grande la mortallité en la ville de Metz que par nombre fait par les banerotz on en mettoit trois cent en terre en un jour, rien que chatolique, non compris les ceulx de la religion (les protestants) ny les soldatz qui mouroient (...) de la puanteur qu'ils firent, il fallut fermer la porte des Allemans et la laisser bien close huit jours closse (...) les maladies qui couroient estoit fleux de sang, peste, pourpre et fieubre contagieuse (...) au mois de novembre rien que des bourgeois de la ville (de Metz) il y en avoit mouru six mil tant femme que des enfants" [15]. |
| 1636 |
Les Suèdois mettent le feu à la Woëvre.
"A la parfin de ces deux armées, tant Suédois que Impériaux, firent mourir la troisiesme partie des gens du pays de Lorraine. Car drès le pays de Brabant vers St Hubert en Ardenne, jusques au pays messin et tout par toutes contreval on ne faisoit que trouver des bestes et gens morts par les chemins" [15]. "Martin Meurisse, esvesque de Madure, esvesque dudit esvesché de Metz (...), donna dipense à tout clergé de manger de la chair en ce jour de caresme jusqu'au jour de la sainte Sepmaine (...) pour cause qu'il donna ceste dispense fut que les Suédois et Lorrains et Crawacs (Croates) avoient tout pesché les estangs tant en la duché de Lorraine que dans le pays messin. Et on ne sceut recrowrir de beurre, oeuf, ni poisson, ni pour or, ni pour argent" [15]. "Deffence est faicte à tous pauvres, mendians leur aulmone parmy la ville, de ne plus se mettre en voie de mendier au devant des maisons des bourgeois, à peine d'estre foietté et estre chassé hors de la ville" [15]. "Parmy ce temps la peste et le pourpre estoit sy esclatant et l'air sy infect dans Metz et le pays et autres lieux qu'on faisont compte que le quairt des gens de ce pays y laissèrent la vie. C'estoit la plus grande pitié en Lorraine encore qu'ailleurs, cause qu'il n'y avoit guères de gens pour se mettre en terre l'un l'autre. Cela estoit arrivé des puanteurs de la guerre, même des pauvretés de tant de gens, abandonné parmy le monde" [15]. page 342 |
| 1637 | Le château de Condé près de Nancy démolli par les français. [15]. |
| 1642 |
Destruction des châteaux de Vivier, par les français.
"Parmy ces ravaiges à Metz, on ne pouvoit recouvrir ny pour or, ny pour argent, bled ny aveine, de tous les greniers qui en estoient fournis à quantité, mais l'avarice et la meschanceté d'aulcuns bourgeois est si grande qu'il se songe avoir des bichets d'argent au lieu de bichet de bledz (...) fut ordonné de la part de mondit sieur de Lambert de contraindre aux ceulx qui en avoient des greniers de bledz d'en mettre en vente (...) ce qui fut exécuté tout au grand regretz des vendeurs; quand ils avoient vendu trente ou quarante quartes de bled, ils en cachoient et disoient n'en avoir plus (...) les ceulx qui faisoient les ordonnances y avoient le plus d'instérest et y estoient les plus enclins à les violer" [15]. |
| 1654 | Le 13 Juillet, où la montagne qui est aux environs de Senones s'entr'ouvre en deux endroits sur 80 pieds de diamètre; il en sort une masse d'eau épouvantable qui éleve en certains endroits le niveau de la Meurthe de 20 pieds au dessus de son niveau le plus élevé. Raon l'Etape faillit être emporté, plusieurs personnes y périrent. Ces bouches effrayantes restèrent ouvertes pendant 30 ans. Des éboulements les ont remplis [11]. |
| 1723 | Le 9 Octobre : "La petite vérolle est sy movais à Nancy, Madame, qu'il en est mort, depuis le premier de ce mois jusqu'o 750 enfans, et les grande personne en meure toutes aussy. L'on conte dans Nancy, depuis le mois de juin, 1700 personne de mort de cette maladie" [18]. |
| 1736 | "Il est vret que les rume raigne baucoup isy; mes ce ne sont pas des rume ordinère, mais une maladie extraordinère dont personne n'est exemps (...) Il est mort bien du monde; cette mesme maladie est une contagion, car, à Nancy, à Bar et dans tout les ville et vilage, tout en est plaint : jeun, vieux et enfans, tout le monde l'a" [18]. (la coqueluche, appelée folette, et maintenant la grippe) |